Ces notes personnelles, tenues au jour le jour pendant trente-cinq ans, constituent une source précieuse de la pratique d’un juge des mineurs au milieu du XXe siècle, fonction nouvelle dans le canton de Vaud : une pratique nourrie par des idéaux progressistes, mais souvent décevante et critiquée. Ses décisions sont inspirées d’une justice qu’il veut avant tout préventive et éducative, plutôt que punitive. Maurice Veillard est fortement impliqué dans les réformes qualitatives des maisons d’éducation, ainsi que dans la formation du personnel judiciaire et éducatif. Son témoignage illustre de manière pragmatique des constantes et des changements dans la juridiction pénale des mineurs.

« Voici le vrai cas pour le Tribunal de l’enfance : un gamin de 13 ans et demi qui prend des bicyclettes pour rentrer plus vite chez lui et les abandonne dans la rue ; à la 24 ème il fut découvert ! Milieu familial médiocre, antécédents chez les frères. On va essayer la liberté surveillée. »
(14 janvier 1942)