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« Jai toujours été autre dès mon enfance, depuis quun Bäärner Gieu, un gamin du village de ma mère, ma taxé de nègre du Congo bernois : pas seulement frontalier donc, mais sujet dun territoire colonisé, du point de vue de la Berne centraliste dalors. Une telle catégorisation était encore possible à lépoque du Jura bernois et du Congo belge. Jen ressentis avec Tintin au Congo une sorte dinadéquation faite dun pagne et dun langage déficient. » Redécouvrir « la grammaire de son enfance », quotidiennement bilingue et biconfessionnelle : Fils dun douanier bernois vivant dans un petit village jurassien à la frontière franco-suisse, Christian Schmid parle allemand à la maison, sinitie à lexistence en français, avec son copain, fils de paysan. En famille, la foi est protestante, à lécole il est comme les autres un petit ange catholique à la Fête-Dieu.
Alertes et enjouées, ces chroniques restituent la vie quotidienne campagnarde du début des années cinquante, la genèse de la question jurassienne, le mythe dune Suisse cousue de vertu, dautant plus que le spectre de la guerre restait vivace. Cette expérience précoce des frontières intérieures et extérieures est à lorigine de la passion de linterculturalité de Christian Schmid. « La frontière exerce sur moi une fascination quasi magique, parce quil me suffit de la franchir pour être dehors. Jai presque toujours vécu en région frontalière, pour pouvoir sortir du pays quand jen avais marre. Ces passages me procurent encore aujourdhui une sensation de force salutaire. »
Christian Schmid est né en 1947 à Rocourt et vit à Schaffhouse. Il a suivi une formation de laborantin, puis a étudié lallemand et langlais à lUniversité de Bâle. Depuis 1988, il est rédacteur à la Radio suisse DRS1. Comme chercheur il travaille dans les domaines de la dialectologie et de la littérature orale et dialectale. Il est léditeur et lauteur de plusieurs ouvrages.
Édouard Höllmüller est né en 1938 à Winterthour, a étudié à Neuchâtel et demeure à Villars-sur-Fontenais (Jura). Professeur de langues modernes dans plusieurs gymnases et à luniversité, il a vécu entre la Chaux-de-Fonds, à Kinshasa (Congo) et à Liestal. Il a traduit des textes de lallemand et du dialecte et il a eu des mandats de lectorat.
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