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Parution mi-mai 2007
Après lexamen de conscience auquel la Suisse sest livrée récemment sur le rôle quelle a joué pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) publie une analyse indépendante et courageuse de sa propre situation, de son action, de ses limites et des mécanismes auxquels elle fut confrontée durant les années menaçantes du nazisme.
Entre 1933 et 1945, lorganisation faîtière des communautés juives de Suisse dut à la fois faire valoir légalité des droits pour les Juifs dans le pays, prendre la défense des Suisses juifs résidant à létranger, aider ses coreligionnaires dailleurs, soumis à la domination nazie.
Mais ce sont surtout laccueil et lentretien des réfugiés juifs, mis à sa charge par les autorités du pays, qui mobilisèrent lentier de ses ressources personnelles et financières. La FSCI assuma cette tâche de manière exemplaire et sauva des milliers de personnes et le prix à payer fut démesuré : elle se trouva prise dans les rouages dune politique foncièrement antisémite.
Le présent ouvrage décrit comment une petite minorité, 18 000 personnes à peine, put affirmer son existence dans une société qui lui était hostile. On y voit notamment les effets réducteurs du discours sur lUeberfremdung, le danger attribué à la « surpopulation étrangère ». Alimenté par lantisémitisme ambiant, ce discours finit par être intériorisé par ceux-là mêmes qui subissaient la discrimination.
Le livre de Stefan Mächler nous montre aussi que la politique de la FSCI à lépoque ne peut être comprise seulement comme une réaction aux crimes sans précédents des nazis. Elle tenait également à des schémas dinterprétation, à des routines et à des stratégies adoptés par linstitution depuis des décennies, ainsi quau contexte national et international de lépoque.
Stefan Mächler, historien, journaliste, collaborateur scientifique auprès de la Direction de linstruction publique du canton de Zurich, est lauteur de plusieurs études sur lantisémitisme et sur la Suisse pendant la Deuxième Guerre, ainsi que dun film documentaire, Closed Country (1999).
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